Un département de plus devra faire face à l'hémorragie des suppressions de postes de sapeurs-pompiers professionnels sans prendre en considération les besoins de la population.

Comment peut-on évaluer les périodes à risques (période verte de 7 mois) ? Seuls les risques forestiers sont retenus. On ne tient absolument pas compte du secours à la personne en particulier dans les zones rurales touchées par la désertification médicale. Le retrait des professionnels de garde les week-ends et les jours fériés entraînera forcément une augmentation des délais d'intervention sauf s'il persiste des gardes casernées par les sapeurs-pompiers volontaires.  

Des économies OUI, mais pas au détriment de la sécurité des personnes

Sud-Ouest du 15 juillet 2016

Landes : 20 pompiers professionnels en moins d’ici 2019 

Landes 20 pompiers professionnels Photo Archives N. Le Lièvre

Plusieurs suggestions alternatives avaient été proposées lors de la phase de concertation avec les organisations syndicales. Mais aucune n’a été retenue. 

La réorganisation des effectifs du Sdis 40 a été validée mardi à l’unanimité. Furieux, le syndicat majoritaire entend se battre. 

La phase de concertation avec les organisations syndicales a été respectée, mais elle n'aura finalement servi à rien. Ce mardi, à Mont-de-Marsan, « sans regret ni remord », le président du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), Jean-Claude Deyres, a acté la réorganisation des effectifs des centres de secours mixtes du corps départemental. 

Aucune des suggestions alternatives proposées lors de trois réunions de concertation tenues au printemps n'a été retenue. C'est donc la proposition originelle qui est passée, avec à la clé 20 emplois professionnels en moins d'ici 2019. 

En Haute Lande et à Léon 

Pour y arriver, le président du Sdis entend jouer sur deux leviers. Le premier en Haute Lande, avec le retrait progressif des professionnels de garde les week-ends et les jours fériés sur une période, dite verte, de sept mois (les moins à risque) dans les centres forestiers de Morcenx, Labrit, Labouheyre, Pissos et Roquefort. 

Hors période feux de forêt, ces centres ne seraient donc plus servis que par des volontaires, ce qui est déjà le cas dans 47 des 60 centres de secours landais. Au bout de la ligne : dix postes économisés ! 

Le second chantier de « déprofessionnalisation » concerne uniquement le centre de Léon, dans le Sud-Ouest du département. En 2015, 421 interventions seulement y ont été recensées, dont 35 % en juillet et en août. Choix a été fait de maintenir une présence des professionnels de garde pendant les deux mois de pic saisonnier. Une économie, là encore, de 10 équivalents temps plein

« Immense colère » 

La réorganisation adoptée à l'unanimité des membres du conseil d'administration est conçue de manière progressive, avec une des cartes rebattues au fil des futurs départs à la retraite et des effets comptables qui ne se feront pleinement sentir que d'ici deux à trois ans. Ainsi présentée, elle paraît indolore. Elle s'est pourtant attirée les foudres du syndicat majoritaire, Autonome SPP-Pats. 

Dans une allocution très vive, sa représentante élue, Émilie Labeyrie, a exprimé « un immense sentiment de colère », « à la fois sur le fond et sur la forme ». Visiblement amer d'avoir vu ses propositions balayées d'un revers de manche, le syndicat Autonome souhaitait dénoncer à travers elle « les méthodes utilisées pour mener à bien ce qui est devenu un pseudo-projet de service ». 

« Nous nous sentons désavoués dans notre volonté et nos efforts de construire ensemble l'avenir de notre Sdis, trahis par la promesse faite par nos dirigeants d'accorder une grande place au dialogue social et donc de favoriser la collégialité dans les questions liées à notre fonctionnement, et enfin humiliés par un flagrant déni de démocratie participative sur ce dossier », poursuivait-elle en exprimant la « farouche opposition » du syndicat face à cette réorganisation. 

Vexé autant que remonté par ce qu'il qualifie de « tour de force, malgré l'avis défavorable du comité technique », le syndicat a rappelé qu'il avait « suggéré d'autres pistes pour effectuer les mêmes économies sans toucher à la masse salariale ». 

« Vos propositions auraient eu des conséquences sur les risques de feux de forêt », a répondu, sans autres discussions possible, le président Jean-Claude Deyres. « Vous savez qu'il est possible de faire différemment, et nous souhaitons poursuivre les discussions. Sachez qu'on a lancé un appel pour se battre et pour garder ces 20 postes au Sdis des Landes », ajoutait simplement l'élue du syndicat majoritaire. 

Une autre source d’économie

> Une autre source d’économie est espérée sur un volet très technique qui renvoie au système de retraites des pompiersLa mise en œuvre espérée rapide de la Prestation de fidélisation et de reconnaissance (PFR) pourrait permettre d’économiser dès cette année près de la moitié des quelque 600 000 inscrits sur le budget 2016. Ce dossier sur lequel bataillait déjà ardûment l’ancien président, Robert Cabé, représente à terme « des marges espérées de 500 000 euros par an », indiquait Jean-Claude Deyres.

> Une somme non négligeable au regard de la situation du Sdis 40, bloqué depuis deux ans par un taux d’inflation nul, qui interdit toute demande de contributions supplémentaires aux communes landaises.

Le chiffre

285 : Le nombre de pompiers professionnels actuellement dans les rangs landais. Ils œuvrent dans les centres de secours principaux de Mont-de-Marsan, Dax et Biscarrosse, et à Capbreton, Labouheyre, Labrit, Léon, Mimizan, Morcenx, Pissos, Roquefort, Saint-Justin et Saint-Vincent-de-Tyrosse (aussi à Sabres, Ygos et Luxey, pour la saison feux de forêt).