Francetvinfo du 23 septembre 2015

Vers la fin du numéro d'urgence des pompiers ?

Les pompiers réunis en congrès estiment que les numéros d'urgence sont trop nombreux en France, et préconisent la généralisation d'un numéro unique.

En France, les numéros d'urgence seraient trop nombreux, estiment les pompiers. On trouve en effet le 112, numéro d'urgence européen, le 15 pour le Samu, le 17 pour la police, le 18 pour les pompiers, le 196 pour les secours en mer... La France est championne toutes catégories des numéros d'urgence, il y en a 11 en tout.

Vers la généralisation du 112 ?

À chaque numéro d'urgence correspond un système de traitement des appels. À eux seuls, les pompiers gèrent une centaine de centres d'appels. Ceci sans compter les centres d'appels de la police et du Samu. Tout cela représente un coût non négligeable.

Pour réaliser des économies et éviter la fermeture des casernes, les pompiers proposent donc une mesure radicale : l'abandon du numéro 18 et la généralisation du 112 comme seul et unique numéro d'urgence. Dès janvier, les pompiers et la police de Paris vont expérimenter cette mise en commun de leurs centres d'appels.

http://www.francetvinfo.fr/france/vers-la-fin-du-numero-d-urgence-des-pompiers_1096399.html 


Vers la fin du numéro d'urgence des pompiers ?

Ouest France du mercredi 23 septembre

L'édition du soir : Secours 

Au secours le 18 brûle, place au 112 ?

ouest france 112 

"Réunis en congrès à Agen jusqu’à samedi, les pompiers militent pour l’abandon du 18 et la mise en place d’un numéro unique pour tous les secours : le 112. Créé en 1991, ce numéro d’appel d’urgence commun à l’ensemble des pays de l’Union européenne reste encore méconnu de la plupart des Français. Mais cela pourrait très vite changer. 

Qu’est-ce que le 112 ? 

Le 112 est la version européenne du 911 américain. Ce numéro d’appel commun a été créé en 1991 à l’initiative de l’Union européenne dans la foulée de l’ouverture des frontières. Gratuit, joignable 24 heures sur 24 heures, il permet de contacter « une plate-forme d’alerte unique », explique Gary Machado, le président de l’association European Emergency Number Association (EENA), basée à Bruxelles. Et ce quel que soit le problème rencontré : un incendie (pompier), un malaise (Samu) ou un vol (police).

Ouest France 112 1 Photo Ouest France

Aujourd’hui, les pompiers gèrent une centaine de centres de réception du 18 en France.

Il peut être composé depuis un téléphone fixe ou un mobile et ne s’adresse pas seulement aux personnes en visite dans un pays étranger, mais à l’ensemble de la population européenne. Tous les États membres sont tenus de proposer ce service et de le promouvoir en affichant par exemple le numéro sur leurs véhicules de secours. Au 112, le preneur d’appel doit en outre pouvoir répondre dans toutes les langues, au besoin en faisant appel à un interprète. 

Qui reçoit les appels du 112 ? 

Il n’y a pas de règles communes. À chaque pays son 112 ! Certains comme le Danemark, la Suède, la Finlande, l’Espagne ou le Luxembourg ont décidé d’abandonner leurs propres numéros d’appel et de créer des plateformes communes à l’ensemble des secours au profit du 112. D’autres, comme la France, ont préféré rediriger les appels vers les centres existants. « Dans l’Hexagone, 80 % des appels du 112 sont rebasculés vers les pompiers (le 18), et 20 % vers le Samu (le 15). Ce n’est pas très cohérent », avoue Gary Machado.

Ouest France 112 2 Photo : Joël Le Gall/Ouest-France

En France, 20 % des appels du 112 arrivent au Samu

Pourquoi est-ce si compliqué en France ? 

15, 17, 18, 112, 115 (urgence sociale) voire 191 (sauvetage aéronautique) ou 196 (sauvetage maritime). Lancer un appel aux secours est parfois plus compliqué que trouver le numéro complémentaire d’une grille de Loto. « C’est une question de lutte de pouvoir. Chaque service de secours cherche à préserver son territoire, son budget, regrette Gary Machado. L’État français s’est complètement désengagé de ce sujet. C’est dommage, car il y a un réel intérêt, tant en terme d’efficacité que de coût, à travailler ensemble. » Signe de ce processus qui tourne au ralenti dans l’Hexagone, une loi européenne de 2002 demande aux États de mettre en place la géolocalisation pour savoir d’où sont lancés les appels au secours. « Or, elle n’est toujours pas appliquée en France à ce jour »."...

2015_09_23_Ouest_France_Au_secours_le_18_brûle_place_au_112