Suite à l'économie de 21 milliards, également demandée à la sécurité sociale. Les SAMU-SMUR ne seront pas épargnés non plus. Gironde Vigilante a donc adressé un courrier au Directeur Général de l'Agence Régionale de santé afin de lui faire part de la dégradation du secours à la personne en zone rurale.

Monsieur le Directeur Général, 

L'association que je préside a été créée en 2007. Elle a pour but de défendre les intérêts des usagers du service public d'incendie et de secours et, tout particulièrement, le secours aux personnes lors d'urgence médicale. 

Malheureusement, nous constatons une dégradation dans ce secteur depuis qu'il n'est plus possible d'appeler le 18 mais le Centre 15 ou un premier interlocuteur vous pose une multitude de questions, puis vous passe un médecin qui vous posera les mêmes questions, avant de déclencher les secours (SMUR, ambulance privée, sapeurs-pompiers) ou encore vous demande d'amener par vos propres moyens le patient aux urgences. 

La désertification médicale touche de plein fouet nos communes rurales en Médoc et devrait s'aggraver dans les années à venir, de nombreux médecins étant bientôt en âge de prendre leur retraite. 

Bien que certaines communes aient opté pour la création de maisons médicales, il n'en reste pas moins que leurs offres ne couvrent pas tous les créneaux horaires. En dehors de leur ouverture, la population n'a pour seul recours que le service des urgences des cliniques. C'est pourquoi, la pérennité de ces dernières fait partie de nos priorités d'autant que la réorganisation du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) a mis à mal la rapidité des interventions de secours la nuit, le week-end et les jours fériés. 

Monsieur le Directeur, nous observons une inégalité flagrante concernant la réponse à nos appels d'urgence. En effet, si en zone urbaine, les secours sont rapides et efficaces, en zone rurale il n'en est pas de même et loin s'en faut. Nous ne possédons pas toutes les offres de soins des agglomérations et celles que nous avons s'étiolent petit à petit . 

La réponse donnée aux appels d'urgence n'est pas adaptée aux zones rurales. Les délais d'intervention sont beaucoup trop longs et mettent en danger les personnes. A quoi bon faire des campagnes d'information sur l'AVC ou l'infarctus en précisant l'importance d'une réaction rapide si les secours arrivent plus de vingt minutes après l'appel ? Quelles sont les chances de survie ? 

Bien sûr le SDIS semble rassurant et parle d'un délai médian d'intervention de 11 minutes que nous contestons, celui-ci est basé sur l'ensemble du département. Sachant que plus de 50 % des interventions ont lieu sur Bordeaux et la CUB et sont particulièrement rapides, il est aisé d'imaginer le délai en dehors de ces grandes agglomérations. De plus, ce délai est décompté à partir du départ des secours de la caserne et non de la réception de l'appel d'urgence. 

Voici un exemple de ce qui peut se passer en ruralité : 

« Petite commune rurale, un dimanche 2 heures du matin, un homme se sent très mal, son épouse appelle le Centre 15 :

  • Un premier interlocuteur va alors lui poser un grand nombre de questions, mais ne prendra pas de décision, il lui passera un médecin régulateur qui, à son tour, lui posera encore plus de questions.

  • Son état étant jugé inquiétant, le médecin décide d'envoyer le SMUR, malheureusement celui-ci est déjà parti en intervention et n'est pas disponible.

  • Le Centre 15 déclenche alors les sapeurs-pompiers les plus proches. Ceux-ci sont d'astreinte à leur domicile et ont 15 minutes pour rallier la caserne. Ils ne sont pas assez nombreux pour équiper un véhicule car certains d'entre eux sont déjà en intervention.

  • Un autre centre de secours, situé à une vingtaine de kilomètres, est donc « bipé » mais là aussi les sapeurs-pompiers volontaires sont d'astreinte à leur domicile. Ils doivent donc se rendre à la caserne le plus rapidement possible avant de partir en intervention.» 

Où sont les 11 minutes annoncées par le SDIS ? Pensez-vous réellement que cet homme qui habite en ruralité bénéficie des mêmes chances qu'une personne habitant à Bordeaux ou sur la CUB ? 

Quant au SMUR, il n'est pas assez développé en ruralité. 

C'est pourquoi nous vous demandons de réfléchir à une réponse plus adaptée pour les communes rurales comme par exemple la mutualisation du Centre 15 et du 18 afin de pouvoir déclencher rapidement les secours adaptés et éviter cette perte de temps préjudiciable aux patients. 

Nous sommes prêts à développer certains de nos arguments d'autant plus que nous avons fait plusieurs propositions au Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Gironde, propositions qui n'ont pas toujours été retenues. 

Restant à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, 

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l'expression de mes respectueuses salutations

Pour le Bureau

Jean-Francis SÉGUY, Président