Paris NORMANDIE.fr du 24 septembre 2014 

Après l’incendie de Saint-Denis-sur-Scie, le maire d’Auffay entre désarroi et colère

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Vingt pompiers sont intervenus sur l’incendie, jeudi dernier, à Saint-Denis-sur-Scie mais aucun soldat du feu d’Auffay n’était présent.

Jeudi dernier dans l’après-midi à Saint-Denis-sur-Scie, Joël Fleury et ses proches ont été surpris par la violence d’un incendie qui s’est déclaré subitement dans un hangar de leur propriété (notre édition du 19 septembre) situé en limite communale avec Auffay.

Le bâtiment agricole de 800 m² qui abritait un gros stock de paille et du matériel agricole a été totalement détruit, sans faire de victime. Le Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (Codis), basé à Yvetot a déclenché l’alerte et les centres de secours de Tôtes, Yerville, Montville et Longueville-sur-Scie sont intervenus rapidement sur les lieux. Le lieutenant Maxime Baltenneck, du commandement de la caserne de Dieppe, a dirigé les sapeurs-pompiers, au nombre de vingt, qui ont lutté conjointement contre les flammes.

Le centre d’incendie et de secours d’Auffay, situé géographiquement au plus près du sinistre, ne disposait pas, au moment de l’alerte, d’un sous-officier (chef d’agrès) pour diriger les équipes du centre de secours d’Auffay. Le Codis a donc donné l’ordre aux pompiers altifagiens de ne pas intervenir et de laisser les autres centres de secours, avec des équipes complètes, intervenir sur le lieu de l’incendie.

Le maire d’Auffay, Christian Suronne, qui n’a pu que constater les dégâts aux côtés de François Pointel, maire de Saint-Denis-sur-Scie, a d’abord voulu féliciter tous les soldats du feu qui sont intervenus sur le sinistre. Mais le premier magistrat est également revenu sur la nature de l’intervention en exprimant son mécontentement vis-à-vis des ordres donnés par le centre opérationnel départemental. « Le temps est compté sur ce type d’intervention. Il s’avère qu’effectivement au moment de l’alerte, l’équipe d’intervention altifagienne n’a été annoncée au complet avec le sous-officier, chef d’agrès, que quelques minutes après l’alerte et le départ des équipes des autres centres de secours régionaux. Nos sapeurs pompiers sont donc restés bloqués au centre de secours sans pouvoir intervenir ! » 

Le strict règlement 

Au service départemental d’incendie et de secours de Seine-Maritime (Sdis 76), on précise qu’il y a eu « une application stricte et normale de notre déclenchement d’alerte. Le feu s’est déclaré à Saint-Denis-sur-Scie. Le Codis a regardé si un fourgon de la caserne d’Auffay pouvait partir mais il manquait un chef d’agrès, qui a pour fonction de mettre en place les secours. » Le fourgon, incomplet, ne pouvait pas partir. « Le Codis ne peut pas leur dire « vous partez », ce ne serait pas réglementaire. Le Codis a donc déclenché la caserne de Tôtes qui avait un fourgon avec le personnel adéquat. Ils ont donc pu se rendre sur l’incendie. » À la chaîne, d’autres casernes ont été déclenchées pour compléter le nombre de pompiers nécessaires sur l’intervention. 

« Je pense qu’il y a un gros dysfonctionnement administratif pour qu’une telle situation se produise. Nous sommes en zone rurale et il faut en tenir compte. Dans ce cas, les procédures pourraient être révisées. Les grandes villes ne fonctionnent pas comme les petites communes rurales. L’intransigeance des hautes autorités administratives et les textes de loi ne sont peut-être pas les meilleurs recours pour sauver une vie. Dans des cas similaires à cette intervention, des décisions exceptionnelles pourraient être prises et mises en application dans les campagnes... », dit le maire. 

Le Sdis 76 répond : « C’est une adéquation entre le véhicule qui part et les pompiers qui montent à l’intérieur. Quand Auffay était prêt à intervenir, neuf minutes après qu’ils ont été contactés par le Codis, la chaîne était déjà engagée, on ne pouvait pas faire machine arrière. Si un jour sur un départ, on fait monter un pompier qui n’a pas la formation adéquate, et qu’un homme ou une femme perd la vie sur une intervention, que dira le maire ? » 

SUZELLE GAUBE
AVEC CORRESPONDANT