Sud-Ouest du 11 janvier 2014

A la santé des pompiers

Les cinq syndicats landais, unis en intersyndicale dans le cadre de la réforme du temps de travail des pompiers professionnels, formulent leurs vœux pour 2014.

Landes à la santé des pompiers © Photo Archives N. LE LIEVRE

 

Avec les réformes des pompiers professionnels et des volontaires, l’année 2014 s’annonce chaude.

Le 15 janvier sera une date importante pour les pompiers landais. Il s'agira en effet ce jour-là pour le conseil d'administration du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) d'approuver le nouvel aménagement du temps de travail des pompiers professionnels. L'affaire est nationale. Mais elle se complique ici par deux facteurs. 

Le premier tient dans le souvenir encore vif de la bataille juridique engagée suite à la réforme du temps de travail de 2001, quand il avait été décidé localement que 12 heures de travail ne seraient rémunérées que 10. Le tribunal administratif avait fini par donner raison aux syndicats. Mais à quel prix. Second facteur : la position d'équilibriste du président du Sdis, Robert Cabé, qui veut bien appliquer le décret national « mais à une condition : que ça ne coûte rien au Sdis ». En clair, assurer la même qualité de service public avec moins de moyens. Et qui, fin 2013, a défié l'unité syndicale en menaçant de passer tout le monde en cycles de 3 x 8 heures (au lieu de 12 ou 24). 

Alors que tous sont invités à se réunir ce matin à Mont-de-Marsan pour la traditionnelle cérémonie des vœux, « Sud Ouest » a proposé à leurs cinq syndicats unis pour ce dossier de formuler leurs attentes pour 2014. 

  • Une heure égale une heure 

Sur le dossier du temps de travail des professionnels, tous semblent sur la même longueur d'ondes, avec une revendication basée sur le droit commun suivant laquelle chaque heure travaillée doit être rémunérée (1). Mais d'une manière générale tous réclament avant tout « davantage de dialogue ». 

Pour le dernier-né des syndicats landais (2), la Confédération nationale du travail (CNT), Pierre Barsacq demande de « revenir à ses vraies valeurs, des valeurs socialistes d'écoute et d'entraide », et de « traiter les pompiers comme tous les citoyens et travailleurs français ». « Nous avons des devoirs et nous nous attachons à les honorer ; mais nous avons aussi des droits et nous aimerions qu'ils soient respectés », poursuit celui qui réclame toujours la création d'une commission de souffrance au travail. 

  • « Davantage de dialogue » 

L'« écoute » est aussi la principale attente de la Confédération générale du travail (CGT), syndicat au sein duquel Alain Denguilhem évoque « surtout un problème dans l'approche des choses ». « Encore maintenant, Robert Cabé nous provoque en nous encourageant à aller au tribunal, mais au final tout ça coûte de l'argent aux contribuables », s'agace-t-il. 

Même donne ou presque pour le courant Sud Solidaires, où Dominique Cantet déplore un « sentiment d'aller aux réunions pour rien puisque chaque discussion se solde par des menaces ». Particulièrement remontée, Émilie Labeyrie, au nom du Syndicat autonome (SA/SPP-PATS), demande comme ses collègues « l'application de la réforme comme le demande l'Europe ». « À travers l'intersyndicale nous avons fait une proposition honnête, notre espoir est d'être entendu, mais le problème c'est que nous devons faire toujours face à ce management unilatéral et autoritaire », insiste-t-elle. 

Perturbée par une scission nationale en cours entre le courant CFTC et FO, la branche du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels (SNSPP-PATS), faisait hier entendre deux voix pour un seul message : « Il y a eu des gros efforts au niveau matériel, l'heure est désormais aux avancées sociales... » 

  1. Sur ce point, Robert Cabé souligne que pour les cycles de 24 heures, il est admis au niveau national une pondération (soit 17,09 h = 24) car il s'agit de « garde ». « Les pompiers dorment en caserne et leur temps de sommeil n'est donc pas comptabilisé », explique le président.

  2. Un courant anarchiste, rare parmi les Sdis, né d'une division de la CGT il y a trois suite à une impasse dans le dialogue social.

MONT-DE-MARSAN