Sud-Ouest du 6 août 2013

Plus de sauveteurs ? Verbaliser les baigneurs ? Que faire pour éviter les noyades ?

Certains pointent l'imprudence des baigneurs, d'autres le manque de moyens, d'autres encore proposent de verbaliser les baigneurs...

Plus de sauveteurs verbaliser les baigneurs Photo J.-D. Chopin

Plus de sauveteurs ? Compter sur le sens des repsonsabilités des baigneurs ? Verbaliser les imprudents ? Miser sur la technologie ? Comment éviter les noyades ?

 

Depuis le début du mois de juillet, 91 personnes se sont noyées en France, dont 37 sur le littoral. Dans la région, on compte déjà 12 morts en Aquitaine et 3 en Poitou-Charentes. Le prix de l'imprudence ? Peut-être. Mais que faire ?

 

  • Compter sur la prévention et la prudence des baigneurs ?

 

Laurent Sagnimorte, chef de secteur de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) sur trois communes de l'Hérault ne cache pas "sa colère" face à l'attitude de certains. "Il faut choisir les baignades surveillées, quand le drapeau est hissé en haut du mât", dit-il, rappelant que 80 % des noyades ont lieu en dehors des zones ou des horaires de surveillance

 

Le ministère de l'Intérieur, de son côté, a lancé dimanche un nouvel appel "à la plus grande prudence et au sens des responsabilités de chacun".

 

Christian Mandon, ancien responsable des MNS-CRS du littoral aquitain, rappelle aussi qu'il ne faut pas rester exposé longtemps au soleil et plonger la tête la première dans l’eau, qu'il faut s’alimenter et s’hydrater. "Mais, surtout, parce qu’on est en vacances et qu’on a envie de liberté, ne pas respecter la réglementation" est la pire imprudence à commettre. Et après ?

 

  • Verbaliser les baigneurs ?

 

Pierre Bousquet de Florian, préfet de l'Hérault, département particulièrement touché par cette série noire de noyades, a invité les maires des communes du littoral à verbaliser les imprudents par une contravention de 11 à 33 euros, en vertu de leurs pouvoirs de police.

 

En visite à Mimizan, dans les Landes, cette semaine, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a prudemment répondu qu'il fallait "étudier de plus près" cette piste, tout en reconnaissant que "ce n'est pas facile pratiquement".

 

La ministre du Tourisme, Sylvia Pinel, n'écarte pas non plus l'idée.  "Il faut qu'il y ait beaucoup plus de prise en considération de la responsabilité des parents et de l'ensemble des personnes qui vont à l'eau alors que les drapeaux sont rouges, a-t-elle commenté sur RTL. Cela peut passer par là mais je souhaite surtout qu'il y ait une prise de conscience collective". 

 

  • Augmenter le nombre de sauveteurs ?

 

Pour le syndicat policier Alliance "ces drames ne s'expliquent pas par la seule imprudence de la population" mais également par un manque de maîtres nageurs sauveteurs (MNS) issus des CRS sur les plages. Dans un communiqué, le syndicat rappelle qu'en 2002, 720 MNS CRS étaient affectés, pour une durée moyenne de trois mois, sur les plages du littoral français et autres plans d'eau.

 

En 11 ans, les effectifs ont diminué d'un tiers puisqu'à ce jour ils ne sont plus que 471, disséminés, pour une durée de deux mois à peine, sur une centaine de communes sur les quelque 380 concernées.
Alliance rappelle sa "stupéfaction" sur les conclusions du rapport de la Cour des Comptes de la fin d'année 2012 qui suggérait la fin de la participation des MNS CRS.

 

  • Miser sur les nouvelles technologies ?

 

Le littoral aquitain a opté pour les balises géolocalisées pour aider les secours. Les balises, au nombre de 407 tout le long des côtes, sont constituées d'un drapeau numéroté en haut d'un mât planté dans le sable, et installées tous les 500 mètres. Elles permettent aux secours d'identifier plus rapidement la zone d'intervention.

 

Sur les drapeaux, figurent les numéros des secours à appeler (18 ou 112) et le numéro de la borne de localisation. "C'est une première en France" selon le préfet de région, Michel Delpuech.

 

Comment éviter les noyades

Faits divers · mer et littoral