Journal Sud-Ouest du 24 novembre 2011

Le nouveau président de Gironde Vigilante fait le bilan des actions de l'association et établit des axes de travail.

JFS nouveau Président de GV Photo P. Vallade

Jean Francis Seguy, président de Gironde Vigilante.

Jean-Francis Seguy est le nouveau président de Gironde Vigilante. L'association milite contre le «désengagement» de l'État vis-à-vis des secours ruraux et dénonce la nouvelle organisation du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis 33), la politique de départementalisation. Rencontre.

« Sud Ouest ». Vous venez d'être élu à la présidence de Gironde Vigilante. À ce jour êtes-vous satisfait du résultat des actions entreprises par l'association ?

Jean-Francis Seguy. L'objectif n'est pas complètement atteint. En revanche, on ne peut pas dire que l'on est sans bilan dans la mesure où on a lancé le débat. Les bonnes questions ont été posées. Nous avons fait des propositions cohérentes au Sdis 33. De nombreux maires sont d'accord avec nous pour dire qu'il faut arrêter
l'hémorragie. On ne doit plus fermer de casernes et enlever les moyens humains. Bref, nous avons pris de nombreux problèmes à bras le corps et malgré les difficultés que nous rencontrons, nous faisons tout pour avancer.

Lors de l'assemblée générale qui s'est tenue à Saint-Laurent, vous avez déclaré ne pas avoir été entendu, contrairement à ce qui vous avait été promis par les élus avant les élections cantonales ?

Nous n'avons pas été entendus. Je dirais même que nous avons été « roulés dans la farine ». Qu'est-ce qui s'est passé avant les élections cantonales ? Devant une certaine exaspération, Gironde Vigilante est partie en campagne auprès des élus pour défendre plus ardemment la sécurité des usagers. Philippe Madrelle, président du Conseil général, et son vice-président Yves Lecaudey, nous avaient promis de réévaluer l'organisation des secours en comparant l'ancien système au nouveau. En rétablissant le prompt secours, il était prévu de faire un essai dans un centre de secours de la Gironde. Cet engagement n'a pas été tenu.

Pour vous faire entendre, êtes-vous prêt à porter le débat devant les électeurs, en présentant des candidats lors des prochaines échéances électorales ?

Cette question fait l'objet d'un débat, d'autant que nos forces vives sont surtout sur la circonscription du Médoc et plus particulièrement sur le canton de Saint-Laurent. Maintenant nous attendons que les choses évoluent. Pour ce qui est des élections législatives, je pense qu'elles seront trop politisées et trop coûteuses. Par contre, on peut bousculer les candidats en les interpellant lors des réunions publiques. En tout état de cause, si on doit se servir des élections comme moyen pour faire passer nos idées, il faudra que ce soit au niveau des élections locales :
municipales, cantonales, territoriales. Et ça ce n'est pas complètement exclu.

Comme cela a été dit par Jacky Costes à l'assemblée générale, êtes-vous prêt à assigner le Sdis en justice lorsque que vous aurez des témoignages de dysfonctionnements ?

C'est une question très délicate, car par le passé, nous avons eu à souffrir de la mise en examen de Jacky Costes. Cette procédure a duré trois années. Alors, même si on a gagné le procès, je trouve que c'est regrettable d'en arriver là et c'est un signe d'échec par rapport à la communication qui aujourd'hui s'est établie entre le Sdis et Gironde Vigilante. Même si actuellement le Sdis marche à reculons par rapport à nos propositions, ils ont tout de même accepté d'ouvrir les portes du dialogue. Maintenant, il est clair que l'on a des témoignages de dysfonctionnements graves, mais partir en justice, suppose d'avoir un dossier irrécusable, puis ça coûte cher. Gironde Vigilante n'a pas les moyens. Je préfère donc donner la priorité à la communication.

Estimez-vous être suffisamment soutenu par les élus ?

Je suis satisfait et à la fois un peu déçu que les élus ne s'engagent pas plus ardemment dans la défense du service public, parce qu'ils sont responsables de la sécurité de leurs concitoyens. Il se passe des choses graves à cause de certains dysfonctionnements, que ce soit pour les personnes ou pour les biens et sincèrement je leur dis, compte tenu des réformes en cours et à venir, qu'il ne faut pas laisser les grandes métropoles marginaliser les villages.

DES PROJETS

"Le premier projet, c'est de créer une motion par rapport au frelon asiatique. Jusque-là c'était de la responsabilité des pompiers de détruire les nids et gratuitement.

Aujourd'hui, c'est à la charge des particuliers, si bien que cette espèce prospère. Nous allons donc - comme l'a fait le maire de Lesparre, Bernard Guiraud - demander au Sdis qu'ils se charge de la destruction des nids de frelons asisatiques. Nous voulons aussi rétablir une vérité qui paraît primordiale. Le Sdis, en ce moment, à l'aide de statistiques illustrées par des pourcentages, montre que tout va bien. Et là, il y a un propos que je me dois de dénoncer.

Selon eux, 80% des interventions se font en moins de 20 minutes. Mais dans les casernes rurales ces 20 minutes ne veulent rien dire. Ce temps n'est en aucun cas le temps réel entre le délai d'appel et le délai d'intervention sur la victime ou le sinistre. A partir de 18 ou 19 heures, ainsi que la nuit, les week-ends, les jours fériés, c'est encore moins le cas. Mais attention, ce n'est pas la faute des pompiers. C'est le système qui est en cause. Nous, ce que nous voulons, c'est la même sécurité à la campagne qu'à la ville. La désertification médicale est aussi un sujet majeur. Nous voulons en système de soins mieux adapté afin que le service d'urgence - comme par exemple la clinique de Lesparre - puisse se consacrer uniquement aux cas jugés graves.

Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, compte tenu de son sous-effectif et de la multitude d'interventions bénignes qui pourraient être traitées par des services médicaux de proximité."

Propos recueillis par Pierre vallade

Lesparre-Médoc Philippe Madrelle· justice· Gironde