EDITORIAL par Monsieur Jacky COSTES

Président de l’Association « GIRONDE VIGILANTE »

En 1972, alors Chef de Centre en banlieue de BORDEAUX, le DDIS ainsi que le Préfet me proposent la fonction de Chef de Corps du Centre de Secours Principal de LESPARRE, afin d’y réorganiser les services de secours.

Après beaucoup de travail, soutenu par les Sous-préfets et les élus, avec une équipe de Sapeurs-pompiers Professionnels et Volontaires, les résultats obtenus ont été surprenants.

Le Médoc était doté d’une sécurité exemplaire :

- aussi bien dans la lutte contre les feux de forêts, les feux urbains, les accidents routiers, les noyades (importantes avec des kilomètres de plages océanes et les lacs)

- que pour la formation permanente des secouristes et spécialistes en réanimation chez les sapeurs-pompiers, les civils, les écoliers.

Nous pouvions être fiers du travail accompli, souvent bénévolement. La satisfaction des populations était, pour nous, une grande récompense.

En 1996, alors retraité, la loi sur la départementalisation a été votée (de nuit) à l’Assemblée Nationale.

Je suis très respectueux de l’application des lois, mais cette dernière m’inquiétait. En effet, on touchait à une organisation qui, somme toute, ne coûtait pas cher et obtenait la satisfaction générale.

Cette réorganisation a été gérée selon des logiques comptables et des statistiques déshumanisantes.

Il en résulte que bon nombre de l’effectif de Sapeurs-pompiers Professionnels a été supprimé, de 50 % voire 100 %, comme au « TEMPLE » et « SALAUNES », Centres qui étaient des remparts contre les feux de forêts en particulier.

Pour corser ce manque d’effectifs, on applique la loi des 35 heures.

En faisant les comptes, nous constatons qu’une grande partie de la sécurité repose sur les épaules des Sapeurs-pompiers Volontaires qui, malgré leur dévouement et leurs qualités professionnelles, sont dans l’impossibilité d’assurer des prompts secours.

Notre lutte :

- Remettre les prompts secours dans les Centres qui en étaient dotés avant cette réforme.

- Nous demandons que des départs immédiats puissent être déclenchés et que, comme par le passé, des deuxièmes départs soient aussitôt assurés.

Un des plus grands Chefs de Corps des Sapeurs-pompiers de PARIS disait :

- 1ère minute : un verre d’eau

- 2ème minute : un seau d’eau

- 3ème minute : des tonnes d’eau et on se débrouille

Ce vieil adage devrait inspirer ceux qui prennent des dispositions qui vont à l’encontre d’une bonne sécurité.

Enfin gardons toujours en mémoire que, seule une vie humaine n’a pas de prix et qu’en sécurité, il n’y a pas de fatalité. Il n’y a que des erreurs humaines.

Nous serons continuellement présents pour le rappeler.

Non, à une sécurité à deux vitesses :

- Une rapide et normale en milieu urbain

- Une lente et dangereuse en milieu rural